Jean-Paul Bernard

chef-opérateur du son

Jean-Paul Bernard, chef opérateur du son : les captations de théâtre

Théâtre

Théâtre

Il se passe toujours quelque chose dans un théâtre, même lorsqu'il est vide. Le silence semble habité par la présence des personnages éphémères qui, au fil des ans, se sont approprié la scène. A l'écart du monde bruyant, c'est un lieu de transmission et d'émotions, où, dans un rapport très particulier au temps et à l'espace, on approche parfois les sentiments secrets et ambivalents qui nous animent.

  • affiche du spectacle Les précieuses ridicules, de Molière; mise en scène Macha Makeieff & Jérôme Deschamps
    Les précieuses ridicules
    de Molière; mise en scène Macha Makeieff & Jérôme Deschamps
    avec François Morel, Yolande Moreau, Olivier Broche,Philippe Duquesne, Olivier Saladin
    Deux gentilshommes souhaiteraient épouser la fille et la nièce du bourgeois Gorgibus. Mais celles-ci, qui ne rêvent que de littérature et de bel esprit, les jugent indignes d’elles.
    2001, Théâtre de l’Odéon, Paris - Compagnie Deschamps & Deschamps
  • les-precieuses-ridicules

    Les précieuses ridicules

    de Molière

    Mise en scène Jérôme Deschamps & Macha Makeieff

    Deux gentilshommes souhaiteraient épouser la fille et la nièce du bourgeois Gorgibus. Mais celles-ci, qui ne rêvent que de littérature et de bel esprit, les jugent indignes d’elles.

    interprétation :

    Jean-Marc Bihour | Olivier Broche | Lorella Cravotta | Jérôme Deschamps | Philippe Duquesne | Camille Grandville | Bruno Lochet | Yolande Moreau | François Morel | Philippe Rouèche | Olivier Saladin | François Toumarkine

    l'équipe :

    Mise en scène: Jérôme Deschamps & Macha Makeieff | Réalisation: Don Kent

    les-precieuses-ridicules

    à propos :

    « D'un côté, Molière. Le classique. D'un autre côté, la famille Deschamps. Une bande de farfelus amateurs de blouses, de poussettes, de seaux, de caddies, de bouteilles, d'accessoires pauvres et quotidiens qui forment à eux seuls tout un patrimoine contemporain. A leur tête, Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, les créateurs de la fameuse famille Deschiens.

    Il n'est pas étonnant que Jérôme Deschamps et Macha Makeieff aient souhaité offrir à leurs comédiens de jouer Les Précieuses Ridicules. La vraie surprise serait plutôt qu'ils ne se soient pas attaqués plus tôt au répertoire. La troupe s'est lancée dans l'aventure en costumes classiques et perruques poudrées, et à la création, au Théâtre National de Bretagne, le public a reconnu avec joie une des plus belles équipes comiques qu'on puisse voir aujourd'hui : une famille Deschamps aussi fidèle à elle-même que scrupuleusement respectueuse de la lettre du texte, et plus encore de son esprit, celui de Molière qui écrivait lui-même dans la préface de sa pièce: "comme une grande partie des grâces qu'on y a trouvées dépendent de l'action et du ton de voix, il m'importait qu'on ne les dépouillât pas de ces ornements".

    "Ces ornements" sont au rendez-vous, et "cette galère" vogue on ne peut mieux dans une tempête de rires. Parce qu'entre Molière et Deschamps, le rapport, c'est le théâtre. »

  • Affiche du spectacle Phèdre, de Jean-Racine; adaptation & réalisation Luc Bondy
    Phèdre
    de Jean-Racine; adaptation & réalisation Luc Bondy
    avec Valérie Dréville, Garance Clavel, Dominique Frot, Didier Sandre, Sylvain Jacques
    Phèdre aime Hippolyte, le fils de son mari Thésée. Hippolyte la repousse. Pourtant Oenone, l’austère confidente de Phèdre, convainc Thésée qu’Hippolyte a tenté de séduire sa femme.
    1999, Théâtre de l’Odéon, Paris - Agat Films / ARTE
  • Phèdre Phèdre

    Phèdre

    de Jean Racine

    réalisation Luc Bondy

    Phèdre aime Hippolyte, le fils de son mari Thésée. Hippolyte la repousse. Pourtant Oenone, l’austère confidente de Phèdre, convainc Thésée qu’Hippolyte a tenté de séduire sa femme.

    interprétation :

    Valérie Dréville | Garance Clavel | Dominique Frot | Didier Sandre | Sylvain Jacques

    l'équipe :

    Assistant: Jacques Reboud | Lumière: André Diot | Son: Jean-Paul Bernard | Perchmans: Anabelle Aquaviva, Philippe Garnier | Producteur délégué: Yvon Davis |

    Production: Théâtre de l’Odéon / Agat Films / Arte

    1999, 120'
    Extrait

    à propos :

    « Metteur en scène et réalisateur, Luc Bondy refuse toute captation abrupte de représentation théâtrale. Il filme ses acteurs en plans rapprochés, les suit dans leurs déplacements. Sur le plateau de l'Odéon-Théâtre de l’Europe, la caméra capte de près tous les tressaillements des passions funestes.

    Les acteurs incarnent toutes les violences, les amours et les fureurs de la tragédie de Racine sans recourir aux excès de la théâtralité. Phèdre, personnifiée par une jeune femme, Valérie Dréville, "dissimule le mal dont elle meurt" : son désir fou pour Hyppolyte. L’enfant sublime, interprété par Sylvain Jacques, s’éprend lui-même d’Aricie – Garance Clavel. L’ardeur instable et fatale des personnages se déploie dans une aurore bleutée, parcourue d’or, qui semble éternelle. Tous se perdent parmi de hauts monolithes gris. Ils foulent un sol de sable, s’y enlisent comme dans leurs passions, toujours mal destinées. Œnone, douloureuse Dominique Frot, conduit l’héroïne à sa perte. Grandiose, Didier Sandre fait retentir les fureurs de Thésée, époux légitime de Phèdre. La mise en scène, délicate, s’attache à révéler l’état d’hypnose et d’aveuglement qui mène les protagonistes à la mort, notamment à celle tragique d’Hyppolyte, trop aimé de sa mère, incompris de son père. »

  • Les enfants du silence, de Mark Medoff; adaptation & mise en scène Jean Dalric
    Les enfants du silence
    de Mark Medoff; adaptation & mise en scène Jean Dalric
    avec Emmanuelle Laborit, Jean Dalric
    Lui est un professeur spécialisé dans les soins pour malentendants; elle, sourde de naissance, s’obstine à rester enfermée sur elle-même. Pourront–ils finir par se comprendre ?
    Molières 93 révélation féminine & meilleure adaptation pièce étrangère
    1994, Théâtre du Ranelagh, Paris - Les Films Bleu
  • image du film

    Les enfants du silence

    de Mark Medoff

    adaptation & mise en scène Jean Dalric

    Lui est un professeur spécialisé dans les soins pour malentendants; elle, sourde de naissance, s’obstine à rester enfermée sur elle-même. Pourront–ils finir par se comprendre ?

    interprétation :

    Emmanuelle Laborit | Jean Dalric

    1994, Théâtre du Ranelagh, Paris - Les Films Bleu
    les-enfants-du-silence

    à propos :

    « Après Marlee Mat-lin, Emmanuelle Laborit, comédienne sourde, incarne le rôle de Sarah, révoltée contre la ségrégation du monde entendant.

    Agiles comme des oiseaux à l'approche du printemps, les mains d'Emmanuelle Laborit racontent comment le monde s'ouvrit à elle lorsqu'à l'âge de sept ans, on lui apprit la langue des signes. Complice, l'interprète, assise en face d'elle, traduit en sons l'histoire qu'elle évoque avec tout son corps. Je suis née sourde mais il a fallu neuf mois avant que mes parents le réalisent. Jusqu'à l'âge de sept ans, je fus éloignée de la langue des signes parce que le médecin avait dit à mes parents que c'était une langue inférieure. Mais un beau jour, mon père n'a plus supporté d'être exclu du code de communication, quasi ombilical, que ma mère et moi nous avions créé et ils m'ont emmenée à l'International Visuel Theatre (IVT), un centre socio-culturel pour sourds, où j'ai presque simultanément appris la langue des signes et l'expression théâtrale. Ça été un choc immense pour moi. Je n'imagine pas comment j'ai pu être avant. Je suis devenue d'un coup très bavarde, racontant mes journées par le menu.

    Assoiffée d'histoires, Emmanuelle apprend aussi à lire et écrire ces mots qu'elle n'entendra jamais. Beaucoup de sourds ne savent pas lire et considèrent que les livres sont réservés aux seuls entendants. Souvent, des amis sourds me demandent pourquoi je lis et je leur explique les choses extraordinaires que contiennent les livres. C'est un formidable accès à la culture. Quand je vais au théâtre par exemple, je lis la pièce avant pour comprendre ce que je vais voir le soir. Les sourds généralement sont hostiles aux livres parce que ça leur rappelle l'école, quand on les obligeait à parler.

    L'enseignement pour les sourds n'allant pas au-delà de l'école primaire, Emmanuelle Laborit continuera son apprentissage jusqu'au bac en lisant sur les lèvres des professeurs. C'est à cette époque-là qu'elle rencontre Jean Dalric. Presque aussitôt, Emmanuelle lui donne l'envie de remettre en scène la pièce de Mark Medoff qu'il avait découverte aux États-Unis puis montée en France dans les années 80 (pièce par ailleurs créée au Théâtre National de Belgique en 82, sous le titre, «Le 7e jour, Dieu créa les autres»).

    Le monde des sourds, Jean Dalric l'affectionne depuis le jour où il a découvert un foyer de sourds dans le quartier de l'Opéra. Fasciné par leur univers, leur humour, il apprendra peu à peu le langage des signes, passera quatre mois à vivre, manger, dormir, communiquer avec des enfants sourds. J'avais vu à dix ans «Les Enfants du silence», raconte-t-elle, mais jamais je n'aurais imaginé qu'un jour j'incarnerais le combat de Sarah, jeune femme sourde refusant d'être modelée selon les schémas des entendants.

    Quand j'ai rencontré Emmanuelle, raconte Jean Dalric, j'ai tout de suite été surpris par son tempérament et pour reprendre le rôle après Marlee Matlin et le succès qu'avait remporté le film, il en fallait. Elle avait à peine vingt ans et je l'ai tout de suite mise en garde contre les dangers du métier de comédien. J'ai rarement rencontré quelqu'un qui avait comme elle un oeil attentif à tout ce qui se passe. Elle mange la vie des yeux.

    Aujourd'hui époux à la ville, Emmanuelle Laborit et Jean Dalric n'ont pas pour autant vécu la même histoire que Jacques et Sarah dans «Les enfants du silence». Il est indispensable de respecter l'autre tel qu'il est, de tolérer sa manière de voir les choses. Nous n'avons pas essayé de conformer l'un à la façon de vivre de l'autre. Chaque être a ses différences, sa richesse. Il est essentiel de ne pas perdre son identité.

    A ceux qui l'accuseraient d'exploiter un créneau porteur ou «démago», Jean Dalric réplique aussitôt qu'il a travaillé pendant dix ans auprès des sourds, a pris des risques sans recevoir un franc d'aide au début. Quand nous avons reçu les deux Molières (Molière de la révélation théâtrale pour Emmanuelle Molière de l'adaptation pour Jean Dalric et Jacques Collard), nous étions heureux et en même temps avions très peur des conséquences. Du jour au lendemain, la réaction s'est fait sentir.

    Moi qui ai eu beaucoup de mal à ressentir la salle au début, ajoute Emmanuelle, ce soir-là, j'ai tout de suite senti que les gens étaient venus voir le Molière de la révélation. C'est drôle ce rapport à la salle. La première fois, j'étais complètement perdue. Je ne savais pas si les gens riaient ou pas. Mais petit à petit, j'ai appris à sentir si le public était froid ou pas.

    Pour le futur, Jean Dalric projette de monter avec Emmanuelle une autre pièce de Mark Medoff, «La Main des interdits» et «La Puce à l'oreille» de Feydeau en s'appuyant sur une étude de la gestuelle sacrée de Indiens et des ombres chinoises. Quand je vois l'accueil que le public réserve aux «Enfants du silence», j'espère que d'autres tenteront l'expérience de créer un spectacle avec des acteurs sourds. Pour qu'ils connaissent tout ce que les sourds peuvent apporter au métier et pour que ce ne soit justement plus ce que l'on pourrait appeler une "expérience". »

    Christelles Prouvost - Le soir

  • Le songe d'une nuit d'été, de William Shakespeare; adaptation & mise en scène Pierre Jean de San Bartolomé
    Le songe d'une nuit d'été
    de William Shakespeare; adaptation & mise en scène Pierre Jean de San Bartolomé
    Au cœur d’une forêt magique, les caprices de l’Amour font vivre des aventures fantasques à quelques personnages. Une comédie alliant poésie et célébration du théâtre, qui puise ses sources dans l'Antiquité et le Moyen Âge.
    1992, Théâtre des Arènes, Vaison-la-Romaine - Production Arrimage